Peut-on se dire végétarien quand on mange du poisson ? La définition du pescétarisme expliquée

Peut-on se dire végétarien quand on mange du poisson ? La définition du pescétarisme expliquée
Can You Call Yourself Vegetarian If You Eat Fish? The Pescatarian Definition Explained

Si vous mangez du poisson, vous n’êtes pas végétarien – vous êtes pescétarien (ou « pesco‑végétarien » dans certaines recherches). Vous entendrez souvent « je suis végétarien mais je mange du poisson » dans la vie courante, mais c’est plus un raccourci social qu’un usage précis du terme.

Décortiquons ce que les étiquettes signifient réellement, pourquoi cette distinction existe et comment décrire votre alimentation sans déclencher une guerre dans les commentaires.

Ce que « végétarien » signifie vraiment

Dans la recherche en nutrition et la plupart des définitions courantes, être végétarien signifie que l’on exclut toute viande animale, y compris le poisson.

Répartition typique :

Lacto‑ovo‑végétarien :

  • Mange : aliments végétaux, produits laitiers, œufs.
  • Évite : toute viande, volaille, poisson, fruits de mer.

Lacto‑végétarien :

  • Mange : végétaux + produits laitiers.
  • Évite : œufs + toute viande/poisson.

Ovo‑végétarien :

  • Mange : végétaux + œufs.
  • Évite : produits laitiers + toute viande/poisson.

Végétalien :

  • Mange : uniquement des aliments végétaux.
  • Évite : toute chair animale et tout produit d’origine animale (produits laitiers, œufs, parfois miel).

Résumons‑le crûment : « Les régimes végétariens excluent généralement toute viande, tout poisson et toute volaille. » Les sources médicales et diététiques suivent la même ligne : si ça avait un visage et des muscles, les végétariens n’en mangent pas.

Donc, selon les définitions standards :

  • Si vous mangez régulièrement du poisson ou des fruits de mer, vous ne correspondez pas à la catégorie « végétarien » – même si le reste de votre alimentation est essentiellement végétale.

C’est là qu’intervient le terme pescétarien.

La définition du pescétarisme expliquée

Le mot pescétarien combine l’italien pesce (poisson) avec végétarien. Il est apparu en anglais au début des années 1990 et est désormais largement utilisé dans la littérature nutritionnelle et médicale.

La plupart des définitions courantes s’accordent :

  • « Un pescétarien est une personne qui ne mange pas de viande rouge ni de volaille, mais qui consomme du poisson et d’autres fruits de mer. »
  • « Personne dont l’alimentation inclut du poisson mais aucune autre viande. »
  • « Les pescétariens mangent des fruits, des légumes, des noix, des graines, des céréales complètes, des légumineuses, des œufs et des produits laitiers, et s’abstiennent de viande et de volaille… mais ils consomment du poisson et d’autres fruits de mer. »

Dans les articles scientifiques, on parle souvent de « pesco‑végétarien ».

Ce que mangent les pescétariens

Alimentation pescétarienne typique :

  • Légumes et fruits
  • Céréales complètes et produits céréaliers
  • Légumineuses et soja (haricots, lentilles, tofu, houmous)
  • Noix et graines
  • Produits laitiers (lait, yaourt, fromage) – optionnels
  • Œufs – optionnels
  • Poisson et fruits de mer – principale source de protéines animales

Ce que les pescétariens ne mangent pas

La plupart des définitions s’accordent sur le fait que les pescétariens évitent :

  • Bœuf
  • Porc
  • Agneau
  • Poulet, dinde, autres volailles
  • Gibier

En bref :

  • Végétarien : pas de viande, pas de poisson.
  • Pescétarien : pas de viande, oui au poisson et aux fruits de mer.

On rencontre parfois « végétarien pescétarien » ou « pesco‑végétarien » car les chercheurs le classent dans le spectre végétarien, mais ils précisent bien que cela inclut le poisson.

Pourquoi cette distinction est importante (au‑delà de la sémantique)

Vous pourriez penser que c’est de la police linguistique, mais cette différence a de réelles implications éthiques, environnementales et sanitaires.

1. Clarté éthique et identitaire

Pour de nombreux végétariens, l’étiquette est liée à un engagement éthique fort envers les animaux. De leur point de vue :

  • Les poissons et fruits de mer sont des animaux dotés d’un système nerveux central.
  • Les consommer tout en se disant végétarien brouille les frontières éthiques et perturbe ceux qui essaient de comprendre ce mode de vie.

C’est pourquoi certains végétariens réagissent mal au « je suis végétarien mais je mange du saumon » – ils ont le sentiment que leur identité est diluée.

Utiliser pescétarien :

  • Témoigne du respect envers les personnes qui excluent toute chair animale.
  • Indique plus clairement où vous placez le curseur (pas de viande terrestre, mais le poisson, oui).

2. Recherche nutritionnelle et avis médical

Dans les grandes études sur l’alimentation, les groupes « végétarien », « pescétarien » et « végétalien » présentent des profils de santé différents. Si vous vous dites végétarien mais que vous mangez du poisson, vous vous rapprochez techniquement du groupe pescétarien dans ces études.

Par exemple :

  • De grandes études de cohorte montrent que végétariens et pescétariens ont tous deux un risque moindre de cancer colorectal et de la prostate par rapport aux mangeurs de viande, mais leurs réductions exactes du risque ne sont pas identiques.
  • Les pescétariens ont tendance à avoir des apports plus élevés en oméga‑3, vitamine B12, iode et vitamine D grâce aux fruits de mer.

Les sources de santé notent systématiquement :

  • « Il peut être plus facile pour les pescétariens d’obtenir des oméga‑3 de haute qualité, de la vitamine B12 et des protéines qu’avec un régime végétarien. »
  • « Les régimes pescétariens incluent les fruits de mer, tandis que les régimes végétariens excluent généralement toute viande, volaille et poisson. »

Si votre médecin ou diététicien entend « végétarien », il peut supposer que vous ne consommez pas de nutriments issus du poisson et vous conseiller en conséquence. Dire « je suis pescétarien » lui donne des informations bien plus précises.

3. Empreinte environnementale

Végétariens et pescétariens ont tendance à avoir une empreinte environnementale plus faible que les gros consommateurs de viande, mais elles ne sont pas identiques.

Régimes pescétariens :

  • Excluent la viande rouge et la volaille, réduisant ainsi les gaz à effet de serre et l’utilisation des sols.
  • Dépendent du poisson, ce qui soulève des questions sur la surpêche, les prises accessoires et les impacts de l’aquaculture.

Régimes végétariens :

  • Ont généralement des émissions de gaz à effet de serre plus faibles et évitent complètement la pêche non durable.

Certaines analyses suggèrent :

  • Les régimes pescétariens pourraient être « meilleurs » pour la santé individuelle (plus faciles pour atteindre les besoins en oméga‑3, B12, D),
  • Tandis que les régimes végétariens pourraient être « meilleurs » pour la planète dans l’ensemble s’ils sont bien planifiés.

Là encore, qualifier de « végétarienne » une alimentation incluant du poisson masque ces réels compromis.

Avantages et inconvénients pour la santé : Végétarien vs Pescétarien

Si vous vous demandez surtout « Lequel est le meilleur pour moi ? », voici ce que disent les sources fondées sur des preuves.

Avantages communs

Les deux modèles, lorsqu’ils sont bien suivis :

  • Excluent la viande rouge et transformée – liée à un risque accru de cancer colorectal, de maladies cardiaques et de diabète de type 2.
  • Mettent l’accent sur les aliments végétaux complets – plus de fibres, d’antioxydants et de composés phytochimiques.
  • Sont associés à un IMC plus bas et à un risque moindre de plusieurs maladies chroniques par rapport à l’alimentation occidentale standard.

Une vaste étude a révélé que végétariens et pescétariens avaient tous deux un risque global de cancer inférieur à celui des mangeurs de viande, et spécifiquement un risque moindre de cancer colorectal et de la prostate.

Là où le pescétarien a un avantage

Selon de multiples ressources nutritionnelles :

  • Oméga‑3 (EPA/DHA) – Le poisson est le moyen le plus simple d’en obtenir en quantités significatives. Ils soutiennent la santé du cœur, du cerveau et des yeux.
  • Vitamine B12 – Le poisson est riche en B12 ; les végétariens doivent compter sur les œufs/ produits laitiers ou les aliments enrichis/ compléments.
  • Vitamine D et iode – De nombreux poissons, surtout les variétés grasses et marines, en apportent davantage que la plupart des aliments végétaux.
  • Protéines de haute qualité – Le poisson fournit des protéines complètes avec une bonne digestibilité.

En résumé : « Ajouter des fruits de mer à un régime végétarien vous donne plus d’options et est un bon moyen d’obtenir des protéines, des oméga‑3 et d’autres nutriments. » Certains notent que les pescétariens pourraient avoir un léger avantage santé car « manger du poisson facilite l’obtention de davantage de protéines, de vitamines et d’oméga‑3 ».

Là où le végétarien peut avoir un avantage

  • Impact environnemental – En moyenne, les régimes végétariens ont des émissions de gaz à effet de serre plus faibles et évitent les problèmes de pêche non durable.
  • Simplicité éthique – Aucun animal n’est tué directement pour se nourrir (bien que les œufs/ produits laitiers soulèvent toujours des questions de bien‑être animal).
  • Fibres et composés phytochimiques – Certains végétariens, s’appuyant davantage sur les protéines végétales, consomment naturellement plus de légumineuses et de céréales complètes, ce qui augmente encore leur apport en fibres.

Health.com note que les régimes végétariens « peuvent mieux convenir aux personnes qui n’aiment pas les fruits de mer ou qui choisissent de les éliminer pour des raisons environnementales ou éthiques », tout en offrant d’importants bienfaits pour la santé.

Réalité sociale : pourquoi tant de mangeurs de poisson disent « végétarien »

Dans la nature (alias la vraie vie) :

  • Beaucoup de gens disent « végétarien » par raccourci parce que c’est le terme que les autres reconnaissent.
  • Au restaurant, « je suis pescétarien » se heurte parfois à des regards perplexes ; « je suis végétarien mais je mange du poisson » semble plus simple.
  • Certaines personnes ont progressivement réduit leur consommation de viande et s’identifient encore comme « végétariennes » même si elles n’ont pas totalement abandonné le poisson.

Vous ne serez pas arrêté par la police du langage pour vous être appelé comme vous voulez dans une conversation informelle. Mais si vous :

  • Tenez à la précision (pour des raisons éthiques, de recherche ou de communication sur la santé),
  • Souhaitez respecter les communautés ayant des définitions plus strictes, ou
  • Expliquez votre alimentation à un clinicien,

alors « pescétarien » est l’étiquette la plus claire et la plus honnête si vous mangez du poisson.

Comment parler de votre alimentation sans drame

Si vous êtes dans cette zone grise – principalement végétal, un peu de poisson – voici comment le décrire :

  • « Je suis pescétarien – je mange du poisson mais pas d’autre viande. »
  • « J’ai une alimentation principalement végétarienne avec du poisson. »
  • « Mon alimentation est à base de plantes et pescétarienne. »
  • « Je ne mange pas de viande, seulement des fruits de mer. »

Ces formulations :

  • Indiquent clairement que le poisson est autorisé.
  • Évitent de semer la confusion chez les végétariens stricts.
  • Aident les médecins et diététiciens à comprendre instantanément votre profil nutritionnel.

Si vous êtes en transition et que vous n’avez pas encore tout à fait défini votre régime, il est tout à fait acceptable de dire : « Je me dirige vers le végétarisme, mais je mange encore du poisson de temps en temps. »

Le verdict : Peut‑on se dire végétarien quand on mange du poisson ?

Selon les définitions largement acceptées en nutrition, en médecine et dans la plupart des communautés végétariennes :

Non – manger du poisson signifie que vous n’êtes pas végétarien.

Vous êtes pescétarien (pesco‑végétarien) : une personne dont l’alimentation est principalement végétale et inclut délibérément du poisson et des fruits de mer, mais exclut les autres viandes.

D’un point de vue santé, les régimes végétarien et pescétarien constituent tous deux une nette amélioration par rapport à un régime occidental standard. Le pescétariat peut faciliter l’atteinte de certains nutriments ; le végétarisme peut mieux correspondre à des priorités environnementales ou éthiques.

La « bonne » étiquette est donc celle qui :

  • Reflète honnêtement ce que vous mangez.
  • S’aligne sur vos motivations (santé, éthique, environnement).
  • Aide vos interlocuteurs à mieux vous comprendre.

Si vous aimez les plantes et le poisson, nul besoin de vous forcer à entrer dans la case végétarienne. Vous avez déjà un mot parfaitement adapté pour vous définir – et sur le plan nutritionnel, vous êtes de toute façon sur une très bonne voie.